Les alternatives en mouvement sur Grenoble

sep 21, 2015 / 1 comments

Au début, Alternatiba ça me parlait un peu, mais pas trop. On avait envie de traiter le sujet dans Les Antennes, mais je ne savais pas trop comment. Heureusement, le 10 septembre il y avait une conférence de presse. je me suis dit, banco ! On va pouvoir en savoir plus. Bon… manque de bol, la conférence a été très (trop) classique avec pas moins de 7 interventions (dont 4 élus). Parler des 30 ans de la MNEI, Maison de la Nature et de l'Environnement de l'Isère (hum... il est où déjà ce bâtiment ?) ou du colloque de la Frapna (Le programme en un clic), ok c’est bien ! Mais voir un élu "gesticuler" son discours, tout préparé, c’est limite chiant. En vérité, la prise de parole que j'attendais le plus c’était celle de Charlotte qui représentait Alternatiba. Une fois le protocole de la conférence terminé, c’est là que j'ai pu vraiment en savoir d’avantage. Et ce qui marque chez Alternatiba, c’est cette réussite à se faire connaître, sans statut associatif. Ça m'a interrogé.

On se fait des commissions ?

Alban est un hyper-actif du mouvement. Il est présent depuis le début, depuis la première phase de rassemblement en novembre 2014. Il a tout connu, le forum ouvert fin janvier, les 8 mois de préparations, et en ce moment même la dernière et ultime ligne droite jusqu’au 26 septembre. En vrai, ils sont une trentaine tout aussi impliquée sur la période. Mais le chiffre n’est pas formel, parfois ils sont plus. Une centaine au forum ouvert, bientôt 500 bénévoles pour la journée Alternatiba Grenoble, et pourquoi pas 10 000 demain ? C’est en tout cas le nombre de personnes que le mouvement espère voir défiler et sensibiliser aux alternatives le fameux jour J.

Pour s’organiser, le groupe Alternatiba Grenoble a mis en place un système de commissions. Les personnes intéressées pour promouvoir les alternatives écologiques se sont engagées sans qu’on leur force la main. À la base, c’était une quinzaine de commissions qui ont été créés pour le forum ouvert. Chacun avait sa mission propre. Alban lui était dans la commission coordination, mais aussi communication, outils informatiques. Il explique que seule une commission sur trois ou quatre se sont vraiment lancées, “les autres, on les a gardées sous la main, d’autres ont fusionné”. Chaque commission pouvait fonctionner en toute indépendance. La plupart des participants se sont retrouvés en réunions “plénières” pour faire des états d’avancement et quelques retours. Et puis, quelques commissions ont fait leur chemin à côté. “On commence seulement à avoir leur retour et savoir ce qu’elles ont fait” commente Alban sans s’alarmer. C’est aussi ça la force du groupe, liberté et confiance.

Surtout pas de chef

Là où l’organisation d’Alternatiba devient intéressante, c’est qu’il n’y a pas de hiérarchie. Le mouvement n’a pas de statut associatif, personne ne cherche à devenir président, secrétaire ou trésorier. “On n'a pas envie de fonctionner de manière pyramidale, on veut essayer de montrer qu’il y a d’autres systèmes de gouvernement”, nous précise Alban. La bonne volonté prime. Chacun est libre de son engagement. Revers de la médaille, ce sont des réunions plus longues “parce que personne ne veut prendre des décisions, on veut que tout le monde soit d’accord”. Plus de dialogues, plus de concertations. Je me demande si ce n’est pas ça, la clé de la réussite ?

Ultime ligne droite

Huit petits mois plus tard, le groupe Alternatiba Grenoble entame son dernier sprint. Contacté, il y a quelques jours, Alban me confirme que tout le monde se donne à fond. Le collectif adhère à l’idée, “c’est pas comme une asso, après le 26 et la Cop 21 (conférence pour le climat) en vue fin décembre, rien n’obligera le groupe à continuer. Si je fais pas maintenant, je ferai jamais”. Pas de remise à plus tard donc. Signalétique, panneaux, décorations, programme, les derniers détails ne manquent pas. “Comme on donne une certaine liberté à tout le monde, à un moment il faut quand même que tout le monde nous dise ce qu’il va faire qu’on ait au moins un aperçu”, précise Alban. Pour y arriver, les équipes se réunissent dans un local sous le Palais des sports, prêté par la mairie. “C’est du continu, assure Alban, un dimanche on était une trentaine toute la journée. C’est rigolo, on fait des repas. Une vrai fourmilière”.


Réunion Alternatiba Grenoble au local du Palais des sports. Crédits page Facebook Alternatiba Grenoble.

Influence(s)

Alternatiba Grenoble a grandi dans la concertation, avec son propre mode de fonctionnement. En contactant les associations de Grenoble, ils ont réussi à fédérer autour d’eux une cinquantaine d’associations. Une prouesse qui intéresse les politiques de l’agglomération. Alban le ressent face aux maires des différentes villes, “on a vraiment du poids”. Alternatiba c’est du sérieux, “les gens commencent à nous connaître”. Du coup, des réflexions émergent pour la suite, “on commence déjà à bosser sur les programmes après le 26 pour garder la tension jusqu’à la COP 21 en décembre”. La force d’Alternatiba, c’est bien ce rassemblement autour d’un seul événement. Alban ne conçoit pas une seconde que tout s’arrêtera brusquement, il espère pouvoir garder ces contacts. Une aventure qui quoi qu’il arrive l’aura changé : “Le chemin est aussi important que le résultat”.

Le village des alternatives, Alternatiba Grenoble aura lieu au jardin de ville toute la journée du 26 septembre. Alors, vous venez ?

Ludovic Chataing

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