Chroniques des Hauteurs - N°1

oct 11, 2015 / 0 comments

On n’a pas fini de manger de l’Everest à toutes les sauces... Le 23 septembre sortira sur les écrans un film titré Everest . Ce film, du réalisateur Baltasar Kormarkur, avec des acteurs que les amateurs de séries comme House of Cards connaissent déjà, a été tourné principalement au Népal et dans le massif du Haut Adige dans les Alpes. Il est basé sur le livre « Tragédie à l’Everest », contant l’histoire véridique de l’Américain John Krakauer, qui fut témoin d’un drame qui coûta la vie à des guides renommés et quelques amateurs sur le toit du monde en 1996... Huit morts à la clé et une histoire des plus incroyables avec tous les ingrédients de la tragédie : Amour, gloire et beauté, avalanches, gelures, chutes en tout genre et vent à décorner les boeufs... On va pleurer dans les chaumières.

Autant vous dire que je vais me régaler (le mot est évidemment très mal choisi) en vous racontant quelques histoires d’Everest, montagne sur laquelle j’ai passé au total un an de ma vie en 5 expéditions et qui auront une tout autre tonalité que celle de l’héroïsme viril véhiculé par ce film.

Il y a mille et une raisons de rater le sommet de l’Everest mais juste quatre raisons pour l’avoir réussi. Les quatre raisons de la réussite sont : être bon, puis être bon ensuite être bon et enfin avoir de la chance. Les mille et une raisons de rater l’Everest sont nettement plus variées. L’essentiel : il y a toujours une bonne raison et c’est la faute des autres.

Parmi ces mille et une bonne raison je vais vous raconter le coup des chaussettes... Imaginez qu’un de vos compagnons de cordée de retour de 8 400 m vous annonce tout de go qu’il a raté le sommet à cause de ses chaussettes ! Vous êtes quelque peu surpris, décontenancé voir interloqué ? Une crevasse ok, une tempête encore mieux mais des chaussettes ? Quelles chaussettes et quel problème ? Et bien le Sherpa chargé de l’assister dans son ascension, car j’oubliai la vraie bonne raison de réussir l’Everest c’est d’être en compagnie d’un Sherpa qui, lui, se balade sur le toit du monde comme vous, vous déambulez avec aisance lorsque vous allez quérir votre croissant chez votre boulanger. Le Sherpa donc qui l’accompagnait avait négligé de glisser dans son sac à dos la paire de chaussette de rechange qui constituait l’ élément indispensable à la réussite du sommet de mon cher compagnon. Imaginez : ratez un Everest qui vous à coûté la bagatelle de quelques dizaines de milliers d’euros pour une paire de chaussette à 10 balles et dont le poids devait atteindre les 175 gr. Inadmissible pour mon cher compagnon qu’un sherpa ose omettre 175 gr de chaussette alors qu’il portait déjà 15 kilos d’oxygène, de boisson, de nourritures et de verstes de rechange ! Quelle feignasse ce Sherpa !

Je n’ai jamais su s’il fallait rire, ou pleurer mais c’est une histoire vraie, et mon cher compagnon était vraiment persuadé qu’il avait loupé son sommet pour n’avoir pu calîner ses petits pieds dans des chaussettes propres et sèches et que le Sherpa avait manqué à tous ses devoirs! La semaine prochaine je vous raconterai l’histoire du grimpeur qui avait oublié ses sous-vêtements dans la cascade de glace et de la grimpeuse qui avait perdu son vernis à ongle au col sud de l’Everest. Rater le toit du monde, c’est décidemment trop facile !

A la semaine prochaine

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